Le 20 juillet dernier, à l’aéroport de Beyrouth, je décollais, les larmes aux yeux, dans mon avion de retour pour la France. Je jetais un dernier coup d’œil à la mer, à la montagne et à la ville que je laissais derrière moi, après six mois intenses dans ma terre paternelle.

En année de césure au milieu de mes études d’ingénierie, j’ai décidé de partir m’installer un semestre avec ma grande sœur Valentine au Liban. J’avais enfin l’occasion de réaliser un de mes plus grands rêves : vivre « pour de vrai » au Liban, mieux connaître mes racines, et donner à mon autre pays un peu de ce que j’ai pu recevoir en France.

Je me suis particulièrement investie dans un organisme d’aide au développement, l’Institut Européen de Coopération et de Développement, dans ses projets de formation des jeunes libanais aux métiers de l’électrotechnique. Employés sur des projets et chantiers à travers tout le Liban, ils se voient offrir une expérience pratique et technique, favorisant ainsi leur future insertion professionnelle. J’ai pu rencontrer et travailler avec des jeunes issus de milieux, de régions et de formations très diverses, mais tous animés par une grande soif d’apprendre. Ils se sentaient reconnaissants de pouvoir progresser dans l’apprentissage d’un métier, de voir s’ouvrir de nouvelles opportunités professionnelles. Ils mesuraient d’autant plus leur chance qu’un certain nombre de leurs amis ne pouvaient ni travailler, ni se rendre en cours. En effet, les universités ne parviennent pas toujours à assurer les cours, et certains étudiants n’ont pas les moyens de s’y rendre.

Une des missions principales pour laquelle j’ai travaillé avec ces bénéficiaires était l’installation de panneaux solaires sur le toit d’écoles du réseau francophone. J’ai pu comprendre les défis auxquels font face les écoles du pays. Leurs dépenses ont augmenté de manière radicale cette année : le salaire des professeurs et du personnel devant augmenter en réponse à l’inflation, les dépenses énergétiques explosant avec le prix de l’électricité ou du fioul. Elles se retrouvent alors face à un dilemme : augmenter les frais de scolarité, ou limiter drastiquement le confort des élèves et professeurs et les activités extrascolaires.

Mais j’ai affirmé ma certitude que le Liban a besoin de se sentir soutenu pour reprendre espoir. J’en ai particulièrement pris conscience en visitant les partenaires de l’association Phœnix semeurs de Paix, qui ont à cœur de donner le sourire aux plus pauvres et aux plus isolés. Loin de rendre les bénéficiaires dépendants, l’association leur offre une aide quotidienne, tremplin pour reconstruire leur avenir. J’espère pouvoir continuer à encourager « mon deuxième pays » depuis la France et à le faire découvrir à mes proches, afin qu’ils aient, eux aussi, le souhait de soutenir le Liban.

Alexandrine

J’ai passé un mois auprès des volontaires à la cuisine de Marie dans un quartier défavorisé de Beyrouth.

Cette expérience m’a beaucoup apporté; tout d’abord elle m’a permis de prendre du recul par rapport au mode de vie occidental. C’est aussi loin de la France que j’ai découvert à quel point j’aime mon pays et ma famille.

Les volontaires de la cuisine de Marie sont tous des gens formidables qui ont choisi d’abandonner leurs anciens postes pour se consacrer à la préparation de repas pour les plus démunis.

Ma mission était simple et pourtant pleine de sens : en coupant des légumes je savais que j’aidais les pauvres de Beyrouth à rester en vie.

Jean-Gabriel

Je suis franco-libanaise, j’ai 23 ans, et je suis partie 6 mois, de janvier à juillet 2023, en volontariat au Liban au sein de l’association Teta w Jeddo (Mamie et Papi), partenaire de l’association Phoenix semeurs de Paix.

J’ai toujours vécu en France, mais j’ai toujours entretenu un lien avec le Liban. Je suis chrétienne maronite, je vis avec mes grands-parents libanais, et je vais en vacances pratiquement tous les étés au Liban. J’avais envie d’approfondir ma connaissance du pays, afin de me sentir « plus libanaise ». Je souhaitais également m’engager pour aider mon pays à mon échelle. C’est grâce à Phoenix semeurs de Paix que j’ai connu l’association Teta w Jeddo, qui aide les personnes âgées en situation de précarité et d’isolement à Beyrouth. J’avais déjà accompagné un séjour de vacances de personnes âgées avec l’association des Petits Frères des Pauvres, et cela m’avait beaucoup plu. Je n’ai donc pas hésité lorsque Phoenix semeurs de Paix m’a proposé de partir en tant que cheffe de projet au sein de l’association Teta w Jeddo. J’étais à la fois sur des missions de gestion de projet, mais aussi dans toutes les activités de terrain de l’association : distribution alimentaire, médicale et visites à domicile aux personnes âgées.

Le Liban est un pays qui connaît une faillite complète de l’État, un effondrement de son économie, et une crise sociale. Et cela se ressent. Mon expérience a eu son lot de sacrifices et de difficultés. Au Liban, il n’y a pas de chauffage en hiver, pas de transports en commun, de la pollution, de la saleté dans les rues, du bruit, des cafards. Dans la gestion de l’association, j’ai rencontré des galères administratives et vécu des moments de doute, dincompréhensions culturelles. Enfin, nous avons perdu de nombreux bénéficiaires de l’association et j’ai aussi vécu un décès au sein de ma propre famille.

Malgré tout, le Liban m’a fait beaucoup de cadeaux. Le premier et sans doute le plus important, c’est l’accueil de ma famille sur place, avec laquelle j’ai tissé des liens forts. J’ai eu également la chance de vivre cette expérience avec ma petite sœur Alexandrine. Ensuite, le service aux personnes âgées m’a beaucoup apporté : les discussions avec elles quand elles me racontaient leur histoire et leur sourire quand elle me voyait arriver chez elles avec le plat du jour étaient toujours une immense récompense. Mes collègues aussi m’ont été d’un grand soutien dans les moments difficiles, et j’ai aussi beaucoup ri avec eux. J’ai appris la langue au contact des Libanais, mais aussi grâce à des cours. J’ai découvert toute la richesse du patrimoine libanais, la beauté et la variété des paysages et j’ai même appris à danser le dabké (la danse folklorique libanaise). J’ai beaucoup (trop !) pleuré en quittant ce beau et chaleureux pays, et je sais que je continuerai à le soutenir depuis la France !

Valentine